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Il faut faire craquer le vernis !

Actualités, design


2craquer le vernis Mise en œuvre :

  • poncez votre bois avec trois abrasifs de plus en plus fins
  • aspirez les poussières après chaque passage
  • passez deux couches d’éclaircisseur en diluant la première afin de faire pénétrer le produit
  • appliquez un fond dur en trois couches dont la première sera coupée à l’alcool, prenez soin de croiser les passes pour éviter les traces de spalter
  • optez pour une finition huilée ou un vernis brillant en procédant comme pour le fond dur
  • laissez sécher 48 heures entre chaque couche puis égrenez à la laine d’acier extra fine.
  • terminez par une lotion lustrante passée à la mèche de coton à refaire tous les ans

Précautions d’emploi :

  • travaillez toujours dans un local clair et aéré même la nuit
  • ne restez pas près d’une flamme, ne buvez pas, ne mangez pas en travaillant
  • portez des gants étanches, un masque et des lunettes de sécurité
  • nettoyez vos outils avec un diluant spécial outillage
  • ne conservez pas vos pots entamés, portez les dans une déchetterie spécialisée
  • etc.

1craquer le vernis

Qui n’a pas lu ce genre de protocole absurde dans des revues de déco, des forums de bricolage ou sur des notices de pubs pour les produits toxiques de l’industrie pétrochimique vendus à prix d’or chez bricotruc ou castomachin? Et pourtant, ça n’a pas l’air de décourager grand monde si l’on en juge par la longueurs de ces rayonnages. Il faut croire que l’idée de « protéger le bois » à tout prix a été greffée dans toutes les cervelles des occidentaux dès la naissance. Et pourtant…. Il suffit de se balader en forêt et de regarder attentivement l’écorce des arbres: est-ce qu’elle brille? Est-elle « propre », poncée, lustrée? Au contraire, elle est pleine de trous, de mousses humides, de moisissures et d’insectes en tous genres. Et cela la rend-elle moche pour autant? Ou fragile? Va-t-elle s’user plus vite? On a du mal à y croire…

Alors il existe une autre option pour les meubles: ne rien faire, ne pas traiter, ne passer aucun produit sur le bois. Il en va des vernis comme des pesticides: la nature n’en peut plus, c’est elle qui en est saturée. Ce sera mieux pour le porte-monnaie des ménages, pour leur santé, pour la biodiversité et le bois n’en sera que plus beau car il va enfin pouvoir vieillir au sens noble du terme. Il va sécher, se fendiller, se teinter, s’assombrir de manière irrégulière en faisant ressortir son veinage, ses nœuds… Et s’il se salit, qu’importe! Un coup de ponçage, de l’eau savonneuse et ça repart pour une décennie.

 

Concernant les meubles de jardin ou les terrasses, il existe des bois locaux adaptés pour rester en extérieur sans produits chimiques. Ils sont naturellement résistants aux aléas climatiques (pluies et fortes chaleur) ainsi qu’aux attaques d’insectes ou de champignons. On peut citer par exemple le pin douglas, le mélèze, les cèdres, le chêne ou le châtaignier. Ils ne s’abîmeront pas dehors, ils changeront simplement d’aspect. Ce n’est pas grave, au contraire, c’est même très beau. Et puisque la mode est au « vintage » de la cave au grenier, autant pousser la logique jusqu’au bout en se fabriquant soi-même un vieillissement à son goût. Laisser le bois s’user tout seul, lui faire perdre son aspect neuf, bien propre, sorti des machines, ne réduira en rien sa valeur ni son usage, qu’il s’agisse d’une table, d’un parquet ou d’un volet.

Le seul cas où le choix d’un traitement peut se justifier concerne des raisons esthétiques. Il va de soi qu’un vernis au tampon réalisé sur un bureau d’ébéniste en merisier sera d’un chic indiscutable. Idem pour une laque de chine sur une table basse ou une cabane de jardin passée à l’ocre rouge. Mais pour autant, laisser un bois vieillir de manière naturelle est paradoxalement le meilleur moyen de le laisser vivre. Le passage du temps racontera son histoire, ses multiples usages et créera un lien entre lui et son environnement immédiat. Autant en profiter et par là même, se faciliter la vie et préserver sa santé.

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