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La légende des Bestioles en WouaB

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Les Bestioles en WouaB seraient apparues sur terre vers la fin du XXe siècle comme en témoigne ce site déjà ancien . Cependant, tout porte à croire qu’elles sont beaucoup plus anciennes, voire même qu’elles datent des temps les plus reculés de l’histoire humaine. La légende retranscrite ci-dessous lève en partie le voile de cet étonnant mystère…

Le texte ci-dessous est téléchargeable ici

Les trois fils de Noé venaient d’enterrer leur père mort à l’âge de 650 ans après une vie bien remplie. La puissante arche de 300 coudées de long reposait à présent, telle une gigantesque baleine échouée au milieu d’une  prairie accueillante qui servait de terrain de jeu aux enfants. Les descendants du patriarche formaient une colonie de plusieurs dizaines d’âmes et pour ce qu’on en savait, la totalité des espèces animales sauvées du déluge s’étaient acclimatées sans trop de soucis à leur nouvelle existence. De toute évidence, la vie était paisible au pied du Mont Ararat même si l’avertissement que Dieu avait adressé aux hommes était encore dans toutes les mémoires.

Comme on peut l’imaginer, l’annonce d’un nouveau déluge — à si peu d’années d’écart — fit l’effet d’une bombe au sein de la petite communauté. C’était trop tôt, trop dur, trop injuste. Les fils de Noé furent à ce point sonnés qu’ils n’arrivaient tout simplement pas à y croire. Et puis ils ne disposaient pas du temps nécessaire à la construction d’une nouvelle embarcation, les bois de charpente manquaient, les  greniers commençaient à peine à se regarnir. Pourtant ils n’avaient pas le choix cette fois encore: la biodiversité, la solidarité entre les espèces, l’avenir de la planète commandaient d’agir de toute urgence.

MerouSem, l’aîné des fils réunit alors la famille autour du feu qui brûlait sur la petite place du village et prit la parole:

“Mes frères, dit-il, le devoir nous impose de reprendre l’œuvre de Noé notre père. Il nous faut remettre à flots sa vieille arche et embarquer tout notre stock de bois afin de la consolider en mer. Le temps presse!”

Un silence lourd de sens se fit dans l’auditoire.

“Les animaux se contenteront de la place qui restera, conclut-il, nous n’avons pas le choix.”

Il fut fait tel qu’il avait dit. Le vieux navire flottait tant bien que mal. Quand le bois fut hissé à bord, les premières pluies étaient déjà là et les animaux se pressaient sur le quai dans une cohue difficile à contenir. Il y eut des cris, des piétinements et de violentes bousculades. Pourtant il fallait larguer les amarres au plus vite afin de sauver ce qui pouvait l’être. L’équipage se tourna vers le large afin de ne pas assister au spectacle de ceux qui restaient sur le quai au prix de la plus terrible des injustices. L’arche s’enfonçait dans les flots jusqu’à la limite de son pont inférieur, la cote d’alerte était déjà largement dépassée.

Comme la première fois, le voyage allait être terrible: de longs mois de disette et de solitude partagées. À bord, chacun vivait reclus dans ses pensées à ruminer le cauchemar de ce départ précipité et de ses innombrables victimes. Des images d’épouvante tenaillaient les consciences. Seule l’ampleur des travaux à accomplir offrait une échappatoire à chacun pour survivre en silence.

Au bout du quarantième jour de pluie, l’aîné des fils réunit la famille sur le pont et prit la parole:

“Mes frères, dit-il, les travaux de l’arche sont  terminés, la voilà assez solide à présent pour affronter tous les types de temps durant de nombreuses années. Il nous reste même un peu de bois en réserve. Ceci a été possible grâce à votre travail à tous. Soyez-en remerciés”

Le même silence solennel et inquiet se lisait dans les yeux épuisés de l’assistance.

“Je n’oublie pas pour autant les images qui nous hantent tous à bord, reprît-il, celles des malheureux que nous avons dû abandonner et qui à ce jour ont certainement péris. Il m’est venue une idée à ce sujet que je voudrais vous soumettre: essayons de les faire revivre à notre manière, avec nos modestes moyens, pour ne pas les oublier…”

C’est ainsi qu’il fut décidé de sculpter dans le bois les animaux qui n’avaient pu trouver place à bord. Chacun essayant de retrouver entre ses doigts l’image des disparus avec le plus de fidélité possible.

Par bonheur, ce projet parvint à occuper l’esprit de l’équipage tout au long des mois qui suivirent, allant même jusqu’à lui redonner force et espoir.

StPierreQuand le travail fut terminé, on se réunit à nouveau pour élire le spécimen le plus réussi de chaque espèce. Puis, au cours d’une cérémonie étonnante, on décida de leur construire un enclos à chacun, identique à celui des autres animaux. On se promit même de leur offrir la liberté au moment de toucher terre.

Comme la fois précédente, la pluie dura quarante jours et quarante nuits. Puis il fallut attendre deux cent vingt jours supplémentaires avant que le niveau des eaux leur permette de toucher terre. Tous les hommes furent sauvés mais nul ne sait ce qu’il advint des animaux en bois…

On peut juste constater bien des siècles plus tard, qu’aucune espèce animale ne manque sur la terre…

De nos jours, il subsiste une histoire racontée par de vieux marins quand ils ont beaucoup bu au fond des tavernes. Elle parle d’un Esprit supérieur frappé par la grâce et le travail de ces hommes qui décida en secret d’insuffler la vie à ces animaux de bois…

De là à s’imaginer que l’origine des Bestioles en WouaB remonterait aussi loin, l’éventualité est tentante mais elle ne fait pas l’unanimité des spécialistes.

Aussi nous laisserons à chacun le soin de se faire sa propre idée…